vendredi 18 avril 2014

40 ans !

Aujourd'hui c'est mon anniversaire !
J'ai des souvenirs de l'élection de François Mitterrand. J'ai fait dessiner des carrés à une tortue sur l'écran d'un MO5. Habitant la rue en face, j’ai vu se construire le palais omnisport de Bercy et même écouté trois fois J.J. Goldman en concert. Nostalgie. 
Je n'ai pas l'impression d'être vieille, ça me toujours  fait bizarre de constater que les parents de mes élèves sont pour la plupart plus jeunes que moi. Et tant mieux, car je devrais peut-être travailler 25 ou 30 ans avant d'envisager ma retraite ! 

Pour l'instant, on a rien prévu de spécial pour fêter ça, tout le monde est fatigué et le week-end est déjà bien chargé, dommage... J'espère pouvoir rattraper ça bien vite.

L'hiver a passé sous le signe de la fatigue et des nausées : au mois de juillet, nous aurons notre troisième bébé ! Qui devrait être une petite fille ! Bien occupés par les Doux et ma classe, je n'ai vraiment pas eu le courage d'écrire sur ce blog...Gros manque d'énergie et aussi de temps. 

Je vois donc arriver les vacances avec impatience, surtout que je ne reprendrai vraisemblablement pas mon travail ensuite : des petites douleurs un peu partout, une classe pas facile facile et aussi un grand besoin de me poser. 

D'autres nouvelles en vrac : 

Minidoux a fêté ses trois ans en mars et a décidé qu'il n'avait plus besoin de couches. Il a vraiment bien grandi et est devenu plus facile à comprendre. Mini ne tête plus depuis décembre, plus de mon initiative que de la sienne (les hormones de grossesse m'ont fait dire stop, comme pour son frère aîné). Il aime les voitures, les engins de chantier, mais aussi beaucoup la nature et les poneys. Il adule le Grand Doux, qui ne le  lui rend pas toujours... Il a hâte que sa petite sœur naisse pour jouer avec elle" à la dinette et à la poupée".

Grand Doux finit sa maternelle. Même si les apprentissages ne lui posent pas problème, il souffre de l'ambiance de la classe qu'il trouve agitée, et surtout du fait qu'il est parfois un peu isolé des autres enfants.  Il s'ensuit beaucoup d'agitation et de cris à la maison ("lorsqu'il relâche la pression") : bref, les principes d'éducation non violente ont été mis à rude épreuve cet hiver... A bout de solutions, et parce qu'il a lui aussi demandé de l'aide, nous lui faisons faire quelques séances de sophrologie auprès d'une personne spécialement formée aux enfants. Il n'a fait pour l'instant qu'une seule séance, mais cela a l'air efficace. C'est un petit garçon très éveillé et dynamique. Sa capacité de concentration nous sidère. Il aime les legos, les cabanes, les dessins animés, mais aussi le ski, la natation, la danse et le chant.

On devrait déménager dans un mois pile : notre maisonnette devrait enfin être terminée... M. Doux passe tout son temps libre à faire les finitions. Nous ne pourrons pas tout faire, mais la maison devrait être, à peu près, habitable. J'ai hâte d'y inviter les amis, par exemple pour y fêter enfin dignement cet anniversaire...

Si tout se déroule bien, Doudouce naîtra dans cette nouvelle maison. Après beaucoup d'hésitations, je me suis lancée dans l'aventure de l'accouchement à domicile. M. était très réticent au départ, mais se fait peu à peu à l'idée. On est ravi de l'accompagnement global du cabinet de sages-femmes. Nous avons le sentiment d'être bien informés et écoutés, et en même temps plus responsabilisés par rapport à cette naissance. Pour l'instant que du bonheur ! 


vendredi 25 octobre 2013

Les Vendredis intellos font leur show ; venez neuroner grandeur nature !

L'an dernier, nous avions passé de bons moments avec les "neuroneurs" venus participer aux premières rencontres IRL des Vendredis Intellos
J'avoue avoir suivi le blog collectif un peu de loin ces dernières semaines (pourtant je fais partie des marraines, shame on me !), pour autant pas question de rater le week-end du 2 et 3 novembre ! En effet, grâce à l'énergie et à l'immense travail de la famille Déjantée, de Mme Sioux et Vermicel, nous allons enfin pouvoir remettre ça. 
Cette année, nous échangerons sur le très vaste sujet de la coéducation. Pour nourrir notre réflexion et nos discussions, les gentils membres du bureau de l'association des VI nous ont concocté avec amour plusieurs "conf'ateliers" : 

Le samedi, aura lieu une rencontre sur  "La co-éducation : un enjeu de société ?", animée par Marie-Claude Blanc. Un deuxième atelier animé par Christine Castelain-Meunier sera consacré sur la place du père, avec en ligne de mire la réforme du congé parental (ce qui promet des débats animés). Enfin, nous profiterons d'une conférence intitulée  " Ces histoires qu’on raconte aux enfants: la subjectivité et l’imagination comme fil conducteur de la transmission et co-éducation au sein de la famille élargie», animée par Brigitte Farjas, psychanalyste et psychothérapeute, spécialiste de la famille.


Dimanche matin, nous pourrons nous entretenir avec Jean Pierre Lepri, l'auteur du fameux "La fin de l'Education" sur "Pourquoi éduquer ?" : une question  pas si évidente que cela. 

Les rencontres auront lieu à la dans le 4ème arrondissement de LYON, à la Maison de l’Enfance et de la Jeunesse, 9 rue Dumont d’Urville. Pour le programme détaillé et les horaires précis, merci de cliquer ici

Pour celles et ceux qui ne pourraient vraiment pas nous rejoindre, notez enfin qu'un live tweet permettra de suivre les conférences à distance #VI2013


Je vous propose de lire sur ce blog mon compte rendu des rencontres 2012L'an dernier, Monsieur Doux et moi ne connaissions absolument personne, ce qui ne nous a pas empêchés de passer un très bon week-end.  L’ambiance sera sans doute détendue et bon enfant, alors n'hésitez pas à venir participer !  



mercredi 9 octobre 2013

Déménager avec les enfants, et y survivre !

La rentrée n'est en général pas une période de repos pour quiconque, et nous n'avons pas échappé à la règle. Déjà, et c'est une bonne nouvelle, l'ordinateur qui décide "du mouvement" m'a enfin attribué un poste. Du coup, même si tout n'est bien sûr pas parfait, je ne vais plus à l'école à reculons ! Plus de boule au ventre dès la veille au soir, je peux même envisager de reprendre à 75% l'année prochaine sans déprimer.

Autre changement, nous sommes passés à la vitesse supérieure de notre "opération maison" ! L'appartement vendu, nous avons dû trouver une location dans le quartier avant que la construction soit terminée, et faire notre premier déménagement avec les Doux. Autant dire que ce n'a pas été de tout repos, les affreux ayant la manie de déballer minutieusement, sous des prétextes divers, tout ce que nous venions d'emballer. Pendant deux semaines, nous avons trié, donné, jeté, et pas dans une ambiance très sereine...J'ai cru mourir étouffée sous des tonnes de fringues ou écrasée sous des piles de livres, nous avons eu notre dose de repas fast-food, et ce n'est que cette semaine que nous avons l'impression de respirer un peu ! 

Grand doux a plutôt bien vécu cette période, malgré sa fatigue (merci la suppression de la sieste à l'école...). Nous lui avons expliqué que l'appartement n'était plus à nous, qu'on nous a donné en échange l'argent pour terminer la maison, et que l'on ne vivrait plus jamais à notre ancienne adresse. Sa chambre ne lui manque pas, puisqu'il a toujours ses jouets préférés. Cela a été une autre histoire pour son petit frère : pas encore tout à fait ré-acclimaté à ne plus voir ses parents toute la journée, Minidoux, qui n'aime déjà pas les valises de départs en vacances a été franchement perturbé par le désordre. Lui qui n'a jamais eu un sommeil facile, a carrément refusé de dormir dans son ancienne chambre car, "c'est trop dur, y'a des monstres". Lorsqu'on a deux ans et demi et qu'on ne dort pas plus de neuf heures par jour, le comportement s'en ressent aussi. Heureusement le passage à un appartement plus petit fait qu'à présent les Doux partagent une seule chambre : rassuré peut-être de ne plus être seul, Minidoux dort mieux (espérons que ça dure un peu). Pendant la journée, il est aussi plus calme, moins touche à tout. A croire que le "déballage compulsif" est une façon comme une autre d'évacuer son stress ! 




Comme nous recommençons dans 6 mois, dès que notre maisonnette sera livrée, j'anticiperai un peu plus la gestion des enfants dans cette opération délicate : 
- je prévoirai un vrai mode de garde (en tout les Doux sont restés trois heures chez la nounou du grand, ce qui était largement insuffisant). Les Doux ont besoin d'attention et multiplient les bêtises dès lors qu'ils se sentent oubliés... 
-  je ferai une liste de ce qu'ils peuvent faire, afin qu'ils ne se sentent pas exclus : si Grand n'a pas voulu faire grand chose, cartons compris, Mini était ravi, un petit moment, d'appuyer sur les boutons de l'ascenseur, et de tenir les portes.
- En revanche, nous avons passé du temps à leur expliquer l'opération et il semble qu'ils aient bien compris, même s'il est vrai que le changement n'est pas énorme... Il existe d'ailleurs quelques albums jeunesse sur ce thème.
Autant dire que dans 6 mois nous serons devenus des experts. J'espère quand même que nous pourrons profiter de maisonnette un petit bout de temps avant de devoir remettre ça ! 

lundi 20 mai 2013

A l'école, on dort !


Il est 13h30. Les volets sont fermés. Chaque élève de petite section est couché sur sa couchette bleue. Il y a souvent 5 ou 6 élèves en moins que le matin, puisque les parents qui le peuvent gardent encore souvent leurs enfants l’après-midi.

 Chut, plus de bruit, « on dort, c’est la sieste ». Il y a ceux qui s’endorment à peine la tête posée sur leur oreiller. Il y a celui qui demande où est sa maman. Il y a celle qui demande si elle peut enlever ses chaussettes, pour les remettre 2 minutes plus tard. Il y a celui qui veut qu’on lui prête un doudou « le chat, non pas celui là, le chat gris » (en fait c’est une souris). Il y a celui qui bouge tout le temps, qui se réveillera avec un œil poché,  et qui ne se souviendra pas s’être cogné où que ce soit.  Il y a ceux qui disent ne pas avoir sommeil en se frottant les yeux. 

La maîtresse et l’Atsem demande le silence et demande aux enfants de ne plus bouger et de dormir ! Elles caressent les petites joues, remettent les couvertures en place…  Et incroyablement, au bout d’une vingtaine de minutes, ça fonctionne ! L’Atsem peut prendre une pause. D’une classe de 25 enfants, on n’entend plus que les respirations, quelques toussotements en hiver, et parfois le bruit vigoureux d’une succion sur une tétine.  C’est peut-être le seul moment de la journée où certains sont détendus. C’est aussi  le moment de prendre quelques instants pour les contempler, de s’attendrir de les voir encore si petits. Nombreux doivent être ceux qui prennent encore leur biberon, certains pourraient même encore téter…  Je réalise combien ils doivent être précieux pour leurs  parents et la confiance que ceux-ci nous font en nous les envoyant. Surtout, je me demande bien à quoi ils rêvent et quels trésors sont cachés au fond de chacun d’entre eux. Vont-ils parvenir à devenir pleinement eux-mêmes où se couleront-ils à leur tour dans le moule préparé par la société ? Quel sera mon rôle là dedans ? Oubliés les énervements éventuels du matin (non, vous n’êtes pas sur  le blog de la maîtresse parfaite). Grâce à cet îlot de calme au milieu d’une journée trépidante,  il est facile de se rappeler que ces enfants méritent le meilleur de nous.


A 14h15, je quitte le dortoir pour rejoindre la classe avec les –rares- enfants qui ne se sont pas endormis, en laissant la porte de communication entrouverte… Selon l’envie des « irréductibles » nous avançons le travail, faisons des arts visuels, des jeux de société…. Au plus tard, nous réveillons les autres vers 15h20. Beaucoup ont besoin d’un petit moment pour être tout à fait alertes, l’après-midi est plus le temps des histoires et des jeux que celui des Apprentissages (avec un grand A ;)). Avec des enfants reposés, l’ambiance de la classe est souvent plus détendue que le matin. Décidément,  prendre le temps de faire la sieste est encore loin d’être un luxe. 


mercredi 8 mai 2013

Ouhou, je suis encore là (chroniques d'une blogueuse dilettante)

Les quelques semaines qui ont séparé mes derniers billets de blog des vacances de printemps ont été à la fois stimulantes et éprouvantes.

Stimulantes car j'ai pu bénéficier d'un jour de formation syndicale pour m'échapper une journée à Lyon et assister à l'université de Printemps organisée par un syndicat d'enseignants. J'ai pu y glaner des idées pour la classe, certaines toute simples, à mettre en place tout de suite, d'autres plus ambitieuses (classe coopératives inspirées du mouvement Freinet, peut-être pour le jour où je serai en "vrai" poste). De quoi repartir un peu reboostée, et ce n'est pas du luxe ! En prime, j'ai même eu le temps de rendre une visite éclair à Mme Déjantée et ses deux plus petits ! C'est vraiment agréable de prolonger IRL nos rencontres virtuelles.

Autre temps fort du début de printemps : participer à une journée d'initiation à la Communication Non Violente, animée par Thomas d'Ansembourg. Rencontrer l'espace d'une journée des personnes ouvertes et passionnantes. Découvrir une autre façon d'être avec les autres, mais surtout avec soi. Il faudrait que je vous raconte ça plus en détail (tâche qui traîne sur ma "to-do list" depuis plus d'un mois, mais cela viendra).

Journées éprouvantes aussi, avec la remise du carnet d'évaluation dans l'école où je bosse... Devoir remplir une foule de cases pour 56 petits de 3 à 5 ans, sur des items aussi captivants que "nomme la couleur rouge", ou "lance des objets". Ce n'était pas fait pour arranger ce qu'il faut bien appeler une certaine lassitude professionnelle. Ces maudites "évals", conjuguées à des sérieux doutes et divers motifs d'énervement, font que j'avoue avoir compté les dernières semaines jusqu'aux vacances, je n'en suis pas franchement fière. Moi qui voudrait tant apprendre à profiter du moment présent. Grrr...

Arriver enfin aux vacances, profiter des Doux, emmener Grand Doux (re)visiter le baptistère de Grenoble qui date du IVème siècle (tous les batiments religieux lui font beaucoup d'effet, est-ce pareil pour les autres enfants ?). Et devoir attendre devant l'entrée du musée que Grand Doux, endormi dans la poussette de son petit frère pendant que celui-ci marche d'un bon pas, daigne se réveiller.

Profiter aussi d'une semaine en gîte aux VVF de Najac, en Aveyron. Toute la famille ADORE les vacances aux VVF (et le billet n'est pas sponsorisé, je précise ;). Les Doux sont allés au club enfant avec les gentilles animatrices pendant que, pour une fois, leurs parents ont pu visiter, randonner et même faire du cheval et du Tir à l'arc. Tout plein d'activités sont proposées aux adultes et aux familles (du massage au fitness, en passant par la peinture et la dégustation de produits locaux). On peut aussi ne rien faire ou profiter d'un bon bouquin pendant que les enfants jouent dans les nombreuses aires de jeu, ou avec les gentilles animatrices (qui ont, au passage, ma reconnaissance éternelle de mère fatiguée). Les Doux ont chanté, dansé, fait du poney et des petits bricolages. En plus, le village club où nous avions loué est dans un parc magnifique où la nature est préservée (c'est même un refuge LPO).... De là, nous avions une vue magnifique sur la forteresse de Najac, que nous avons visité avec nos monstres (pour ceux qui seraient tentés, prévoir impérativement un porte-bébé pour les plus jeunes, la tour est bien haute...).


Forteresse de Najac

Minidoux, lui, était émerveillé par le clocher

Vue de Najac depuis la forteresse, sympa non ?

 

Last but not least, la mascotte Boot'chouette, dont les Doux sont absolument fous, image chipée sur le site VVF
Nous avons vraiment passé une agréable semaine malgré le temps pluvieux. Depuis notre retour, nous sommes encore bien occupés puisque nous nous lançons dans l'aventure de la construction de notre future maison. A vrai dire, cela fait déjà plusieurs mois que nous sommes sur le projet, mais avec l'obtention du permis de construire, on passe à la vitesse supérieure. Un peu de souci en perspective, notamment avec le prêt relais et l'appartement qu'il faudra vendre sans trop traîner, mais ce sera j'espère un vrai bonheur que d'entrer dans quelques mois dans "une vraie maison" .

Voilà comment j'ai occupé ma longue absence bloguesque, qui ne sera sans doute pas la dernière... Merci 1000 fois à celles et ceux qui sont encore là.

PS : comme si tout ça ne suffisait pas, je rejoins l'équipe des marraines des vendredis Intellos, avec bientôt l'honneur de rédiger mon premier mini-débrief".



jeudi 4 avril 2013

Celui qui avait fêté ses deux ans

Presqu'un mois que Minidoux a fêté son deuxième anniversaire, et presqu'autant que ce billet traîne dans mes brouillons. Fichu temps qui passe décidemment trop vite.

Des yeux sombres, un regard décidé et des boucles blondes, un sourire, de l'avis de tous, fondant. Petit à petit, tu laisses derrière toi ton statut de "bébé fripouille" pour devenir "un vrai petit garçon".

Tes goûts se profilent :
- Tu aimes les animaux, au point de répéter en boucle pendant une heure "coucou, la vache" "coucou la vache"...
Enfin un troupeau à ta taille
 
- Tu adores les livres, surtout les imagiers et les "petits T'choupi"... Plusieurs fois par jour, tu viens nous voir avec un livre à la main en disant "Lis, Lis", et souvent avec toi, la lecture du soir se prolonge jusqu'à une bonne demi-heure. C'est d'ailleurs fou le nombre de mots que tu sais déjà nommer dans tes imagiers...
- Tu écoutes volontiers France musiques dans la voiture de retour de la crèche, et parfois, tu te lances même dans une impro vocale lorsque c'est l'heure de l'émission Open jazz
- Vrai "petit homme de ménage", tu es ravi lorsque nous te confions une éponge et aux anges lorsque tu peux aller chercher l'aspirateur. Ton âme de chercheur cause aussi beaucoup de dégâts domestiques, mais c'est une autre histoire.
- Parfois, tu me chipes mon pupitre pour t'installer devant et chanter, comme si tu déchiffrais une partition imaginaire. Fou rire garanti pour ton auditoire.
- Tu sembles savoir absolument tout de ce qui se passe autour de toi : où sont rangées les affaires de la maison, à qui appartiennent-elles... Et tu apprends, parfois hélas, très vite à t'en servir.

Ex "terrible one", tu fais aussi le plein de bêtises :
- Vider consciencieusement le sac de classe de ta mère, et sortir chaque feuille du protège-vue où je range mes "fiches" pour les froisser et les éparpiller dans la maison.
- Aller chercher le fouet électrique, le brancher sur le secteur (une envie de gâteau sans doute...)
- Jouer au conducteur au volant de la voiture, allumer le plafonnier, et mettre à plat la batterie...
- aller chercher les bouteilles de bière vide dans le carton que nous destinons au recyclage et tenter de trouver celle qui contient encore quelques gouttes....
- Faire la sieste. Mais uniquement à la crèche, où tu piques sans honte des roupillons de trois heures. Pour faire le plein de sommeil et ne t'endormir qu'à 23h30 le soir... A croire que tu rassembles toute ton énergie pour profiter de tes parents (qui eux aimeraient quand même mieux que tu dormes à 21h)
Le tout avec le sourire et un air de calme olympien.

Au palmarès des conquêtes de ta deuxième année, tu as appris à courir, à faire des bisous, à sauter, à parler (même si tu parles encore autant "le fripouille" que le français). Ta plus belle victoire aura peut-être été de devenir l'ami de ton frère aîné, avec qui vous êtes maintenant inséparables.
A quoi bon attendre que tes parents cuisinent un gâteau d'anniversaire, quand tu peux le faire toi-même ?

Merci à toi qui sais si bien embellir nos vies. Pardon aussi de ne pas toujours réussir à te comprendre comme il le faudrait. Si formidable, et parfois si déroutant, quelles surprises vas-tu encore nous apporter ?
 

jeudi 28 février 2013

Après une (demie) moitié d'année de classe, sentiments...

La moitié de l’année est déjà passée, et je finis ma troisième période un peu fatiguée, non pas tant physiquement car j’ai la chance de pouvoir être à mi-temps, mais plutôt moralement. Suite à ma reprise, je dois me coltiner des sentiments mitigés pour ne pas dire contradictoire…  Je suis titulaire de secteur et je remplace deux jours par semaine des collègues à temps partiel. Deux journées marathon, comme les connaissent beaucoup de parents, avec un départ à 7h40 de la maison et un retour trop souvent à 19h, une fois les Doux récupérés de leur crèche/ nounou. Deux grosses journées dans la semaine, ça peut paraître peu, mais c’est une grande part de ma vie  (d’où d’ailleurs une petite mise de côté du blog)… Ce métier demande un engagement physique, intellectuel et moral. Il ne vous laisse pas indemne. C’est son côté attirant, passionnant, mais risqué. On ne laisse pas ses soucis à la porte de la classe, d’où mon envie de poser par écrit mes sentiments personnels après 6 mois dans une nouvelle école, que je quitterai probablement début juillet.

Tout d’abord, je ressens une immense FRUSTRATION. J’ai envie de bien faire mon travail mais souvent je ne parviens pas à faire aboutir pleinement mes préparations à cause d’un manque de temps… Vivre avec un « Minidoux-qui-ne-dort-pas », en tout cas pas avant 21h30 ne facilite pas les choses. Comme la plupart des enseignants, je travaille parfois tard le soir, souvent les week-ends, toujours pendant les vacances scolaires et malgré ça j’ai l’impression de ne pas en faire assez. En même temps, j’ai envie de m’occuper pleinement de mes Doux, ces deux merveilles qui grandissent si vite.

J’ai envie d’une classe attentive et calme, et, comme je dois me couler dans l’aménagement des collègues que je remplace, que je ne peux arriver qu’à 8h le matin, je me heurte à des difficultés matérielles (où est passée cette maudite paire de ciseaux ?) facteur d’agitation et d’énervement pour tous. J’ai envie de mieux connaître mes élèves, pour mieux les guider, mais comme j’en ai quand même 55 que je ne vois que 6 heures chaque semaine, certains demeurent une énigme…  Je réalise qu’enseigner en école maternelle requiert quand même pas mal de connaissances (peut-être plus qu’en élémentaire) que je maîtrise insuffisamment et je rage de devoir bricoler par mes propres moyens, sans bénéficier d’une formation digne de ce nom. Je ne suis pas une enseignante très expérimentée, j’ai besoin de prendre du temps pour me poser, réfléchir aux apprentissages, proposer des activités où l’élève est véritablement amené à réfléchir. En classe, j’ai parfois l’impression d’être en apnée. Je sens que mes élèves ont besoin de pouvoir s’entraîner, de consolider les notions que je leur présente parfois au pas de course, et l’équipe me bouscule par rapport à des dates, date à laquelle on doit rendre les livrets, date prévues pour donner telle évaluation… J’ai besoin d’une organisation à la fois souple et rigoureuse, sans laquelle je crains de ne faire qu’un travail de surface (le « beau livret », le « joli cahier »…). Je dois sans cesse lutter contre l’érosion de ma motivation et Dieu que je n’aime pas ça… Un peu de lâcher prise ne me ferait pas de mal.

Je ressens aussi de l’ECOEUREMENT face au peu considération dont je souffre en tant qu’enseignante. Après des années de mépris et de dégradation de nos conditions de travail, bosser un jour de plus sans contrepartie, ça ne passe pas… Je vais devoir payer davantage pour faire garder les Doux, des jours entiers de crèche pour Mini, des heures et des repas supplémentaires chez la nounou du Grand, sans garantie que cette dernière accepte de travailler un jour de plus… Au moins 100€ par mois. Quid des activités extra-scolaires qui faisaient énormément de bien au Grand Doux et à laquelle nous devrons peut-être renoncer faute de temps pour l’accompagner ? De la joie de les retrouver tout les deux le mercredi ? Du recul facilité, pour ceux qui travaillent à temps plein, ce qui sera mon cas un jour, par ce jour « off » du milieu de semaine ?

Et voilà qu’on exige que nous travaillions maintenant deux semaines supplémentaires… On nous promet une concertation, vu comment s’est passée celle sur le mercredi matin, je n’y crois plus… Pourtant, va-t-on nous indiquer la recette magique pour travailler dans les classes le 10 juillet, lorsqu’il fera 35° dans nos préfabriqués ? Le but ne serait pas de permettre aux parents d’économiser deux semaines de centre aéré ? Sérieusement, ne seraient-ils pas mieux à la piscine ou en colo à la montagne, un 10 juillet ou un 20 août, nos mômes ? Deux mois de pause pour rire, s’ennuyer, rencontrer d’autres personnes, chambouler ses habitudes, est-ce vraiment inutile ? Etre plutôt que de toujours faire ? On me répondra que tous les enfants n’ont pas cette chance, c’est vrai. A la collectivité et aux citoyens de se mobiliser pour que tout les enfants puissent profiter de ces vacances…

On a le sentiment qu’il nous incombe de réparer tous les travers de la société, et avec le sourire en plus, puisque nous sommes des « privilégiés »… Pourtant les comparaisons internationales montrent que notre salaire se situe au plancher (pour ne pas dire à la cave) de ceux distribués dans les pays riches. Ras le bol.  
Peut-être qu'on pourrait aussi les garder le soir ? Merci à Jack de Danger école...
 

Je suis aussi DECOURAGEE de ne pas avoir un poste fixe : beaucoup de projets auxquels je rêve doivent rester dans les cartons (formation des élèves sur la gestion de conflits avec une association qualifiée, aménagement de la classe facilitant l’autonomie...). A cela s’ajoute L’ANGOISSE, comme chaque année, de trouver en septembre un poste impossible… Les profs se plaignent tout le temps c’est vrai, nous ne sommes pas malheureusement la seule profession à en baver, mais j’aimerai que dirigeants et opinion publique nous écoutent vraiment.

Rage aussi et TRISTESSE de voir l’indifférence à peine voilée de l’équipe (ou plutôt heureusement d’une partie de l’équipe) dans laquelle je suis cette année. Sentiment que puisque je suis à mi-temps et à titre provisoire, mon opinion ne compte pas : on ne me demande mon avis sur aucune date et lorsque je demande que certains conseils des maîtres soient organisés mes jours de présence pour que je puisse facilement y assister, c’est non… Dur.

Comme souvent dans les équipes où je suis passée les relations sont parfois difficiles.  Le point positif c’est que je m’aperçois de la répétition de certaines situations et me rends compte, pour faire court, que mon manque de confiance en moi et ma peur du jugement des autres n’y sont pas étrangers. J’ai envie que les autres adultes m’acceptent, moi quoi suis sans doute différente, vu ma formation ma personnalité et mon parcours pas très classique, mais je n’ai ni la capacité ni l’envie de me couler dans le moule de la parfaite instit’, en bref j’ai encore du mal à m’affirmer. Cette année, j’ai des relations très difficiles avec une des ATSEM dont certaines valeurs et façons de faire sont à l’opposé des miennes. Cela me chagrine, mais ça ne me démonte plus. J’ai même réussi à lui proposer d’en parler sereinement : bref,  je progresse et j’en suis plutôt CONTENTE.


Je suis plutôt satisfaite aussi des progrès que j’ai pu faire dans l’écoute des élèves. Déjà, j’ai banni les « ne pleure plus », « tu n’as pas mal »… A un gamin qui pleure le matin, je ne dis plus « arrête de pleurer et de faire des caprices » mais plutôt un truc du genre « je vois que c’est difficile de quitter ta maman pour venir à l’école ». Ce n’est pas forcément pour ça que le gamin va cesser ses pleurs (même si ça « marche » souvent), d’ailleurs ce n’est pas mon but, qui est plutôt de témoigner d’une bienveillance et d’une autre manière de faire. Consciente du risque de les enfermer dans un rôle, je ne donne -presque- plus d’étiquettes, je pratique –parfois- le compliment descriptif- au lieu de l’habituel « Très joli, très bien ». J’ai mis la pédale douce sur les sermons et les punitions, ce qui n’exclut pas quelques « remontages de bretelles ». Je suis assez FIERE de cela. Quand je parle aux parents, l’exercice demeure périlleux mais j’essaye d’expliquer des faits sans exprimer de jugements sur leur enfant… ça ne veut pas dire qu’il n’y aura plus jamais de clash (et c’est dur de faire avec cette incertitude quand je sais que des collègues se font menacer de la pire manière). Mais je me rends compte que, petit à petit, je vois d’une manière différente, et bien plus positive, le public avec lequel je bosse. En particulier, je suis TOUCHEE de la confiance que certains me témoignent. Confiance des parents qui me laissent leur enfant le matin, et je sais d’expérience à quel point c’est difficile.  Confiance des enfants qui viennent me voir lorsqu’ils ont un problème sans (trop) de crainte de se faire rembarrer. Je suis aussi RAVIE de mes petites réussites pédagogiques, d’une séance de musique nickel-chrome, de la qualité d’écoute lors de certains regroupements, de la compréhension de la quasi-totalité de la classe sur certains points, de l’intérêt que manifestent les élèves envers certaines activités, en particulier de leur soif d’histoires et de livres.

Voilà j’ai vidé mon sac, dans un billet plus personnel, mais que j’ai besoin d’écrire et de publier. Enfin, sur ma route, je commence à entrevoir que certaines difficultés pédagogiques, « disciplinaires » ou relationnelles ne sont pas que des obstacles, mais qu’elles sont aussi une occasion de progresser, en un mot une chance. Un changement de regard. Un long chemin aussi à entreprendre.

EDIT du 1er mars : Dans l'esprit de mes propos sur l'écoute, je viens de publier un commentaire des habiletés Faber et Mazlish concernant les relations parents/profs, je vous invite à le lire sur le blog collectif des Vendredis intellos
Hommage à Stéphane Hessel chipé aussi sur le blog Danger Ecole un peu hors-sujet, quoique, mais je ne peux pas résister ;)